Bambara Trans au Festival de Jazz
Par Stephane Waffo | 7. juillet 2009 | Catégorie : Critique de spectacle, Festival de Jazz de Montréal | Aucun commentaire »Dans la série Le jazz de Touki Montréal, découvrez le critique du spectacle du groupe Montréalais Bambara Trans.

Le chanteur Khalil en pleine fusion
Avec plus de 50 concerts en poche, le groupe Bambara Trans avait suffisamment roulé sa bosse avant de faire le grand bond pour le Festival de jazz. L’un après l’autre, les neuf musiciens du groupe ont réussi à enflammer par un après-midi grisâtre, la meute de curieux attirée par la voix grave et résonnante de Khalil, le chanteur. Non ce n’était pas Rachid Taha qui était de retour au Festival de Jazz.
Bambara Trans, c’est le mixage de plusieurs sauces : De la jupe écossaise du bassiste Squiggy (Nouvelle-Écosse) au style Burberry et lunette de soleil du claviériste Gyslain Lecroulant (Français) en passant par le doigté guinéen du djembéiste Kattan (Maroc) ou la cravate sur chemise du trompettiste Frédéric Bourgeault, du tromboniste Étienne Lebel et du saxophoniste-flutiste Phillipe Poirier (tous du Québec). C’est aussi le style méchant du batteur Ian Carrière (Québec), la guitare bizarrement électrique du citoyen du monde Hamid Nach (Maroc) et surtout la voix mielleuse et attachante du chanteur, auteur-compositeur et leader Khalil Abouabdelmajid.

Le bassiste Squiggi arbobant ses couleurs - Photo : Espérance Cerda
Formé en 2006, le groupe explore le gnawa jusqu’à la limite, sans jamais lui retirer son identité, mais au contraire en l’enrichissant des sonorités des quatre coins du monde. À l’image finalement du groupe, le résultat est une musique bouillonnante qui ne laisse qu’un seul choix au public : fusionner avec les musiciens. Un peu comme ces jeunes filles guère âgées de plus 10 ans qui sautaient à l’avant de la scène pour imiter le chanteur au bord de l’extase tout en se demandant s’il s’agissait bien d’une jupe.
« Et si je parle, on me dit que je suis athée »
Extrait de la chanson Khalouna tiré de l’album du même nom.

L'album Khalouna en vente chez tous les disquaires
Une prestation qui n’étonnera guère les fans de la première heure du groupe. Depuis un an et un album dans les bacs (Khalouna), Bambara Trans arpente les routes du Canada afin de faire découvrir cette musique de la joie (Khalouna), du respect (Maya) mais aussi de la réflexion (hijab).
Nul doute qu’on reverra très bientôt Bambara Trans, et même probablement hors des sentiers parfois troubles de la musique du monde puisque dans les faits, il s’agit d’une musique pour tout le monde.
Peu avant le concert, le leader du groupe Khalil a expliqué à Touki Montréal qu’il souhaitait travailler sur un prochain album en Francais, afin que tout le monde puisse comprendre le message de leur chanson.
