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PanAfrica 2010 : Les courts-métrages

Découvrez la critique de quelques uns des nombreux courts métrages en compétition à cette 26e édition du Festival des films PanAfrica international de Montréal. Dans cette première série, il est question de la sélection internationale Africa Numérique.

Charcoal Traffic

Réalisé  par Nathan Colle

Somalie, 2008

Dénonçant une réalité africaine peu médiatisée, Charcoal Traffic est l’unique fiction à avoir été réalisée en Somalie depuis 15 ans. Produit par Fatima Jibrelli, récipiendaire du Prix Goldman pour l’environnement en 2002, ce court-métrage met en scène deux frères dont la vie est changée par le trafic du charbon de bois, extrêmement destructeur au niveau environnemental et social.

Charcoal Traffic est un film inspiré de faits vécus. Les personnages sont joués par des Somaliens nomades du Nord de la République (Bosaso) n’ayant aucune expérience d’acteur. Le jeu est pourtant solide, convaincu et convaincant. La caméra du réalisateur Nathan Colle est en vie, un contraste judicieux par rapport à la réalité présentée à l’écran : désert, poussière, armes, haches, mort, bois, dromadaires lents, poussière et désert encore.

Pour voir le film : http://www.dailymotion.com/video/x95plg_charcoal-traffic_shortfilms

Le cinéma du pauvre (CINEMAHANTRA)

Réalisé par Monohiray Randriamananjo

Madagascar, 2009

Réalisé à Madagascar en période de tumulte, Le cinéma du pauvre, qui a bénéficié d’un budget de 14,18 euros, a remporté le Zébu d’Or des Quatrièmes rencontres nationales du film court de Madagascar.

Le cinéma du pauvre est un court métrage expérimental qui génère un certain malaise chez les spectateurs. Imaginez-vous un film tourné en pleine panne d’électricité, avec une caméra aux batteries presque à plat, avec pour seul équipement un briquet lampe de poche. Lueurs et bruitage artisanal sont à l’honneur.

Le cinéma du pauvre laisse perplexe et rend inconfortable. La force du film est de mettre en scène une réalité désolante sans pour autant la dramatiser. L’autodérision et l’humour absurde sont de mise. La salle rit surtout par solidarité artistique ou intellectuelle. « C’est comique, hein? », a commenté la responsable de la salle de l’ONF à la fin de la projection. Un film nécessaire, qui fait réfléchir, mais pas tant.

Le projet

Réalisé par Mohamed Ali Nahdi

Tunisie, 2008

Le projet est une fiction coup de cœur qui fait pénétrer les spectateurs dans l’univers cacophonique, violent et vulgaire de langage de Sami, un jeune Tunisien impliqué dans un grave délit.

De l’écriture scénaristique à la direction photographique, tout capte l’attention. Suivant le jeune déluré dans sa dérape à travers les rues la ville, la caméra bombarde d’informations et suscite des questionnements. Dans la mesure où la majeure partie du court-métrage se compare à l’entrée en matière d’un long-métrage, l’interrogation qui revient le plus souvent est : « mais qu’est-ce qui se passe? » Tout se comprend à la fin du court, bouclé de façon surprenante et magistrale. Un film de haut niveau.

Linge sale

Réalisé par Inoussa Kabaré

Burkina Faso, 2009

Au Burkina Faso, il est mal vu de laver son linge sale en public. Linge sale est un court-métrage au titre évocateur : consciente des traditions de son pays, Fatim, adolescente enceinte, choisit de ne pas dénoncer celui qui l’a violée.

Linge Sale n’est pas une grande œuvre. Les dialogues sont vides et superflus, les acteurs ne semblent avoir ni formation ni talent inné pour le jeu, les prises de vue sont pédagogiques, les effets sonores sont déplacés. Le court fait plutôt penser à une parodie ou un télé-roman. Il s’agit pourtant d’une fiction abordant de façon légère un sujet extrêmement lourd. Il ne suscite pas grande émotion, sauf de l’incrédibilité.

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