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Leçon d’histoire du football africain

Le musée du sport de Paris propose en ce moment une exposition exceptionnelle sur le football africain. Elle retrace toute l’histoire de ce sport sur le sol africain. A l’image de la coupe du monde 2010, le football en Afrique se développe de plus en plus. Un petit point historique était donc le bienvenu.

Paris.

Le football africain a marqué l’histoire du sport, notamment en Europe. En plus de l’omniprésence de joueurs africains dans les plus grands clubs de la planète, l’influence de l’Afrique s’est fait ressentir dans la plupart des équipes nationales des pays occidentaux, nombre de leurs joueurs étant d’origine africaine.

Né de l’ère coloniale, le football est amené en Afrique dans un but civilisateur et d’expansion. L’exposition montre ainsi des vestiges de cette époque, tels un vieux ballon en cuir, un chapeau traditionnel de colons ou encore un exemplaire de l’infâme bande dessinée pour enfants, « Poum chez les sauvages ».

On découvre également la panoplie de tout supporter digne de ce nom. Echarpes et fanions d’équipes sont affichés à profusions sur les murs du musée, ce qui n’ira pas sans plaire aux amateurs. S’ensuivent les inévitables maillots de glorieux joueurs comme Didier Drogba, George Weah ou Roger Milla, tous passés par des clubs aussi prestigieux que le Milan AC ou le Paris Saint Germain. De petites biographies nous apprennent par ailleurs l’historique de ces joueurs aux parcours aussi mouvementés que fascinants.

Le football africain, c’est en outre l’histoire de ces entraîneurs européens venus travailler avec des équipes du continent, ceux qu’on appelle les sorciers blancs. Si leur but originel était de relancer leur carrière, les sorciers blancs viennent maintenant avec des ambitions bien plus grandes, ce qui démontre toute l’avancée du football en Afrique. Ils se nomment Philippe Troussier, Claude Le Roy, ou plus récemment Paul Le Guen et Sven Goran Eriksson, respectivement entraîneurs du Cameroun et de la Côte d’Ivoire en cette coupe du monde 2010.

Une ombre plane cependant sur le monde du sport africain. Loin du succès des Samuel Eto’o ou Michael Essien, certains jeunes joueurs, tel Moussa, 15 ans, sont bernés par des agents eux scrupuleux leur faisant miroiter de grandes carrières en échange de grosses sommes d’argent. Parfois poussés par leur famille y voyant le profit financier, ils se retrouvent ainsi dans des villes européennes sans ressources, sans domicile et sans papiers.

Aussi, le musée propose une série de documentaires expliquant ce phénomène, mais également les campagnes de lutte mises en place. Cette traite d’humains, qui va non sans rappeler la traite des noirs, fait écho de la période la plus sombre de l’Afrique, et ramène d’ailleurs à toute la problématique de la pauvreté régnant sur le territoire.

Même si l’exposition ne consiste en fin de compte qu’en un petit nombre d’objets, elle constitue un bel hommage au sport africain, ainsi qu’un point d’information sur ce qui se passe en coulisse. L’histoire du football en Afrique a vu le jour à un âge peu brillant, mais la terre africaine a montré depuis son rôle de plus en plus prépondérant dans la sphère du ballon rond.

Nicolas Roux

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