Flash Feed Scroll Reader

Le maître est un clandestin !

Dans le tome 2 de la série Enfant des colonies, les auteurs Didier Daeninckx et Jacques Ferrandez continuent leur portrait des années d’indépendance. Dans Le maître est un clandestin, la guerre d’Algérie est au cœur des préoccupations.

L’histoire tourne toujours autour d’Ousmane et sa femme Dialikatou, sénégalais installés depuis dix ans sur le bord de la canebière avec sa femme et ses deux enfants. Lucie (en fait Lissah) est un peu troublée par le départ de son ancien maître. M. Tarmin, cet ‘instituteur, est toujours en Algérie. Enfin, le croit-on. Comme tant d’autres français de son âge, il a été enrôlé dans l’armée pour aller défendre l’Algérie française (terrain d’inspiration du bédéiste Jaques Ferrandez).

Un jour, le soldat Tarmin revient dans son Marseille natal. Tout a changé. Les bateaux qui ramenaient les plus belles marchandises du monde ont laissé la place à des navires de guerre débarquant des cercueils ou des soldats plus ou moins amochés.

« En arrivant près des docks, Lucie entraîne sa mère vers les quais de la Joliette. Elle sait que, chaque samedi, un bateau-hôpital arrive du port d’Alger. Lucie se poste près de la passerelle.

Elle regarde les visages de tous ces blessés que des infirmiers de la Croix-Rouge transportent sur des civières, observe les jeunes garçons sur leur chaise roulante, ceux aussi qui ont la chance de pouvoir marcher avec une béquille. Aujourd’hui encore, elle rentre déçue de n’avoir pas reconnu son instituteur »

Plus qu’une BD, Le maître est un clandestin, dans la lignée de Nos ancêtres les pygmées, continue de raconter de façon pédagogique, l’histoire de la décolonisation aux enfants-citoyens du monde de demain. Qu’il soit Francais ou Roms aujourd’hui sénégalais ou algérien hier, tous ont le droit et le devoir de savoir pourquoi d’autres ont perdu et sacrifier leur vie.

Histoire d’histoire, cette collection de la maison Rue du monde s’appuie autant sur les illustrations que la fiction pour faire passer un message simple. Le droit de savoir pour mieux comprendre. Les images d’archives, ainsi que les légendes, complètent avec brio, ce travail de mémoire collective.

Et si à la fin de la lecture de cet ouvrage, le lecteur reste sur sa faim dans ce deuxième tome contrairement au premier plus abouti, il n’en demeure pas moins que l’objectif aura été atteint, en tout cas sur le fond du message.

Histoire d’histoire

Une histoire et des documents d’époque pour interroger l’histoire du monde

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire