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Le Maghreb se dévoile au Lion d’Or

Comment profiter de la Nuit Blanche à Montréal sans être frigorifié à la fin de la soirée? En appréciant un thé à la menthe et en se déhanchant sur de la musique maghrébine!  Du moins, c’était l’objectif (atteint!) de Maghreb in Casbah qui a réuni plusieurs groupes primés et débordants de créativité.

Transformé en authentique souk par la boutique Kif Kif, le Cabaret du Lion d’Or a fait salle comble. Organisé par Musique Multi-Montréal, l’évènement a offert un aller simple au cœur des traditions bien gardées du Maghreb.

La soirée débute sur les chapeaux de roues avec l’hilarante slameuse Queen Ka. «J’ai compris que je n’avais pas à choisir entre mes deux cultures, elles forment plutôt une addition, faisant ainsi de vous, de moi et de tous mes compagnons la prochaine nation», martèle la Québécoise d’origine Tunisienne, qui se joue des stéréotypes sur les immigrants d’origine.

Armé du guembri, d’un luth-tambour, de qraqeb, et de tambours, Gnawa Dima entre en fanfare dans la salle. Les yeux se ferment, les voix s’envolent, la transe commence pour l’ensemble musical qui envoute littéralement le public. Maghrébins et Québécois reprennent en cœur les paroles rythmées, preuve que la musique est la seule langue internationale. «Le menu sera très varié et très copieux ce soir. Alors, prenez le temps d’apprécier», affirme le leader du groupe, Nazir, pour conclure leur prestation.

L’apparition lumineuse des jeunes femmes de Sanaa Danse a effectivement de quoi ouvrir l’appétit. Leur maitrise du port de plateau et leur déhanchement ne sont pas à essayer à la maison, si vous voulez éviter le tour de rein.

À 22 h 15, les trois membres du Sokoun trio jouent l’intégralité de leur nouvel album, Zanneh (« drone » en arabe). Marquée par plusieurs influences méditerranéennes et jazz, leur art musical respire la quiétude. Certains spectateurs, touchés par leur mélodie, versent une larme.  Les trois jeunes hommes, amplement acclamés par la foule, donneront une prochaine performance à l’Université Concordia, le 24 mars.

Aux tables tournantes, le DJ Don Mescal spécialisé en musique du monde s’occupe avec brio des intermèdes. L’entrée était libre à partir de 23 h. Les navettes gratuites de la Nuit Blanche ramènent un flot de personnes obligé de rester debout durant le passage de Bambara Trans.

Le style indéfinissable du groupe Syncop conquit lui aussi la foule. Les secrets de leur excellente musique “non identifiée” sont quelques pincées de raï, de reggae, de hip-hop, et de ragga. Ils saupoudrent ces quelques notes sur un public qui ne peut plus tenir en place.

Révélation 2010-2011 de Radio Canada en musique du monde et récipiendaire du prix de la musique folk canadienne, le groupe Bambara Trans a fait l’unanimité sur scène. Khalil Abouabdelmajid et ses acolytes ont exploré le gnawa et les rythmes traditionnels des quatre coins de la planète.

L’envie de danser s’empare des uns et des autres. Les tables vont au fond de la salle et le cabaret devient une piste de danse géante et bouillonnante.

C’est indéniable, il ne pouvait pas y avoir de soirée plus chaude durant la Nuit blanche que celle de Maghreb in Casbah.

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Un commentaire
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  1. Madame,

    Vous avez complétement oublié de mentionner que Syncop a joué ce soir entre Sokoun Trio et Bambara Trans.

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