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Tiken Jah Fakoly : Révolution africaine à l’Olympia

Un vent de liberté s’est levé sur les planches de l’Olympia de Montréal dimanche 13 mars. Tiken Jah Fakoly a fait transpirer la foule qui s’est déplacée en masse. Son reggae décomplexé (presque lyrique) et ses textes engagés extraits de son dernier album African Revolution ont conquis la salle bondée de la rue Sainte-Catherine.

Touki Montreal- Tiken Jah Fakoly aux Franco- Photo Pierre Dehé

Sous les acclamations d’un public débordant d’enthousiasme, le «lion ivoirien» et ses onze musiciens ont fait une entrée fracassante. La légende vivante du reggae commence le spectacle en interprétant Francafrique.

«Ils nous vendent des armes pendant que nous nous battons. Ils pillent nos richesses et se disent être surpris de voir l’Afrique toujours en guerre. Ils ont brûlé le Congo, enflammé l’Angola, ils ont ruiné le Gabon, ils ont brûlé Kinshasa… ». Le ton est donné!

Poings levés, regards admiratifs, acquiescements de têtes, les paroles engagées du reggaeman transcendent la foule qui reprend en cœur tous les morceaux interprétés. Sautant, dansant et courant sur la scène, l’artiste enchaîne sur Danga et Viens voir.

Viens voir

«Mon Afrique n’est pas ce qu’on te fait croire. Pourquoi toujours les mêmes visages? Pourquoi toujours les mêmes reportages? Pourquoi toujours les mêmes commentaires? À les écouter, mon Afrique ne serait que sécheresse et famine. Quand on les écoute, mon Afrique ne serait que combats et champs de mines. »

Touki Montreal- Tiken Jah Fakoly aux Franco- Photo Pierre Dehé

Pour lui, ce plaidoyer musical est aussi une invitation à tous ceux qui veulent parler du continent africain, «parce que l’Afrique ce n’est pas seulement ce qu’on leur montre à la télé ».

Tiken Jah admet qu’il y a des problèmes en Afrique, mais ajoute qu’après 400 ans d’esclavage et de colonisation, son processus de démocratisation et de développement est normal.

« Je suis entrain de vous dire que le continent africain n’est pas un continent extra-terrestre! » clame-t-il.

Il continue la prestation avec Sonne ma télé et quelques morceaux de son précédent album « L’Africain ».

La chanson Vieux père fait briller les yeux de quelques personnes dans la salle, Africains et Québécois confondus. Mélangeant le français et le dioula (langue parlée en côte d’Ivoire), la chanson narre l’histoire d’un fils qui rentre au pays.

Vieux père

Alou Mayé extrait de « Coup de Gueule » est suivi de la pièce titre African Revolution«Go to school brother and learn what they are doing. It will open up your eyes to the people’s situation. You will understand very soon all the problems of your nation » scande-t-il, le poing sur le coeur.

Cet appel à l’éducation fait écho à son engagement pour «Un concert, une école » dont il fait allusion dans l’entrevue qu’il a donné à Touki Montréal en février.

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Le concert est à son paroxysme quand il chante Ouvrez les frontière. Avec Soldier, On a tout compris, Le balayeur, Le pays va mal, le public est survoltée. Les thèmes qu’abordent Tiken Jah ne sont pas légers.

Pourtant, il a réussi à faire de sa prestation une bouffée d’air frais incitant à la réflexion. Espérons que son nouvel album arrivera aux oreilles de certains dirigeants qui, au lieu de le condamner à l’exil, suivront ces conseils.

African revolution

 


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