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Yennayer, le jour de l’an berbère

Célébré par les Berbères d’Afrique du Nord, le Yennayer est le jour de la célébration du Nouvel An amazigh. À Montréal, ce serait près de 25 000 Kabyles qui le fêteraient selon la représentante de l’association « Azul de Kabylie ».

Lorsque Tassadit Ould-Hamouda, vêtue d’un habit traditionnel, se présente sur la scène de la salle Brebeuf du Collège Jean de Brébeuf, l’horloge indique 20 h 30, ce samedi 14 janvier 2012. Cette dernière, responsable des associations « Tafsut » et « Azul de Kabylie » a souhaité un joyeux Yennayer 2962 à la communauté berbère qui s’était déplacée en masse pour l’occasion.

Au programme de cette soirée familiale animée par Hmimich Ait Mouloud, poète et militant kabyle : le chanteur Fouad Yalaoui, qui est venu de Granby avec Samir Harfi au clavier, poème et mot sur Yennayer de Karim Akouche, les danseuses du groupe le Tafsut, un groupe de musiciens marocains berbère venu de Boston et la chanteuse Aldjia venue spécialement de Paris et qui se produisait pour la première fois à Montréal.

Le calendrier berbère est basé sur le calendrier agraire julien.

« Cette fête est signe d’abondance pour la nouvelle année parce que le jour de l’an est fêté après la période des récoltes, a expliqué Mme Ould-Hamouda qui le célèbre chaque année à Montréal depuis 11 ans maintenant. On fait un repas très riche pour toute la famille. Généralement on sacrifie un coq. »

Les danseuses du groupe Tafsut

Préserver les traditions
« Fêter Yennayer, c’est sauvegarder une coutume commune à toute la Berbérie de l’Afrique du Nord. On a perdu beaucoup de fêtes dans notre nation, a-t-elle ajouté. Par exemple, la fête des fleurs, pendant laquelle les jeunes filles sortaient dans les champs cueillir des fleurs pour célébrer le printemps, a été perdue au fil des ans ». Aujourd’hui, seuls quelques villages de la basse Kabylie le célèbrent encore.

« Oublier sa culture, c’est comme mourir deux fois. Il ne faut pas oublier d’où on vient, sinon on ne sait pas où on va », a précisé Tassadit Ould-Hamouda.

Le « printemps berbère »

C’est la quatrième fois que Hmimich fait le déplacement jusqu’à Montréal pour participer au Yennayer. Installé depuis 15 ans aux États-Unis, il est venu exprès de Philadelphie pour célébrer le Nouvel An berbère avec sa sœur, qui réside à Montréal, et sa mère originaire de la Kabylie. « Ça me fait plaisir de revoir tout le monde et les camarades de lutte avec lesquels on a milité en Algérie », a-t-il dit.

Karim Akouche et Hmimich

Hmimich a fait allusion au « Tafsut Imazighen », le « printemps berbère ». Le 20 avril 1980, alors que l’écrivain Mouloud Mammeri donne une conférence sur la poésie berbère à l’Université de Tizi-Ouzoude, la police algérienne intervient pour interrompre la séance.

« À l’époque, il y avait une grande répression contre la culture et la langue berbère, a expliqué l’animateur de la soirée. C’est à partir de ce moment que les émeutes se sont propagées dans toute la Kabylie. Il y avait des grèves, des marches, des manifestations. C’est de là que vient le nom « printemps berbère ». »

Si les us et coutumes berbères ont l’air de se perdent avec le temps, les commémorations du 20 avril ou du Yennayer, quant à elles, ne semblent pas sur le point d’être oublié par les Berbères de Montréal.

Leur volonté inébranlable de préserver leurs traditions et de lutter pour la protection de leur identité à plus de 6000 kilomètres de Tizi-Ouzoude, la première ville où ont eu lieu les affrontements pour la sauvegarde de la culture berbère en 1980, en est la preuve.

Quelques photos de la soirée

Crédit photos : Mathilde Mercier, © Touki Montréal

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