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Black Bazar, l’album qui fait penser au roman

Après le roman Black Bazar qu’il a publié en 2009 aux éditions Le Seuil, l’auteur congolais Alain Mabanckou a réunit plusieurs artistes pour un album hommage, entre autres, aux sonorités d’Afrique central et qui se nomme…Black Bazar.

Autour des anciens bras droits de Koffi Olomide et de son Quartier Latin, Modogo Abarambwa et Sam Tshintu, Alain Mabanckou a réussi à produire un magnifique album de dix tires qui sanctifient des rythmes presque passés aux oubliettes, au premier rang duquel la rumba congolaise.

«  Pour moi c’est l’album du retour à l’originalité », souligne d’ailleurs Modogo, alias Professeur, doublure de Koffi.

Mais ce n’est pas tout. Les artistes ont également réussi quelques savants mélanges. Citons particulièrement la pièce Kinshasa-Havana, qui comme l’album Afrocubism de Nick Gold, établit un pont entre l’île de Cuba et l’Afrique.

Dans ce cas, c’est notamment sur les berges du fleuve Congo que se fait la fusion entre Cuba et le continent. Grâce à la chanteuse Niuver et au pianiste Pity Cabrera, le mélomane appréciera une rumba afro-cubaine qui traite de l’amour éternel.

Le pianiste récidive également dans Caro Amo, mis en musique comme la majorité des chansons par Do Akongo et qui parle d’une romance entre un homme qui brave les bombes et les talibans et sa bien-aimée et qui rappellera à certains les belles ballades qui se faisait pendant l’hégémonie de la musique de cette partie de l’Afrique sur le reste du continent.

Mentionnons également le titre Madame la chance, dans lequel chante le Camerounais Douleur Douala qui représente définitivement le passé et cette époque ou le Makossa et la rumba se partageaient les pistes de danse.

« Bien coiffé, bien rasé, bien parfumé/Costume sur démesure/Chaussures croco bien cirées »

Comme le livre éponyme, les titres Black Bazar, Face A et B (écrits par Alain Mabanckou) traitent particulièrement des sapeurs et de leur obsession de la mode et des « amours perdues ». Le morceau d’ouverture, Face A, interprété par le slammeur bordelais d’origine sénégalaise Souleymane Diamanka, est une des versions audio de la maxime, « En Afrique, on s’amuse », synonyme de la 2e série de cette trilogie entamée avec le roman publié en 2009.

Alain Mabanckou vient de publier Le Sanglot de l’homme noir

Le film, réalisé par Jean Lou Monthieux et France Zobda d’Eloa Prod constitue la troisième phase du projet de l’auteur congolais, prix Renaudot 2006 avec Mémoire de porc-épic, et qui vient de publier Le Sanglot de l’homme noir, aux éditions Fayard.

Black Bazar est également un retour au source techniquement parlant. «  Cet album, c’est du live, sans machine, sans copier-coller », précise Modogo.

Comme le collègue Baloji, on a  évacué trucages et « les programmations qui ont envahi la musique congolaise (et africaine) actuelle au point de la dénaturer » pour revenir à une musique faite pour danser. « On prend [toutefois] plaisir à l’écouter », assure-t-on.

La révolution n’a pas été totale puisque les partisans du ndombolo pourront s’égosiller sur «  Boussole ». De plus, l’énumération de nom de personnalité publique dans les chansons a survécu à la cure de jouvence prônée par les auteurs de cet album, dont une partie des textes est adaptée du roman.

L’amour est omniprésent dans les chansons. Dans la chanson Fantastic, sorte de cha-cha-cha hybride, il est question du caractère double tranchant de l’amour, « qui rend le poète à l’aise ».

« [Black Bazar] est une ode à la rumba, avec ses multiples influences faites d’allers et retours entre l’Afrique et l’Amérique, de Cuba et de Colombie, aux rives du fleuve Congo ». Voilà qui décrit bien cet album qu’il faut avoir si on a aimé les grands musiciens des Congo-Brazzaville et Kinshasa ou si on est simplement un mélomane de la bonne musique.

Un commentaire
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  1. cet album est excellentissime je l’écoute en boucle si vous ne l’avais pas encore, courrez l’acheter « tu crois te lever le matin mais c’est le soleil qui se lève » BLACK BAZAR .

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