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Jeppe on a Friday : trois questions à la productrice Sarah Spring

La productrice de la boite Parabola Films, Sarah Spring, a bien voulu répondre à quelques questions à propos du film Jeppe on a Friday, tourné en une journée, le 9 mars 2012, dans un quartier de Johannesburg (Jeppestown), en Afrique du Sud.

Comment est né le film?

Ce projet est inspiré d’un documentaire que j’ai produit avec la réalisatrice Shannon Walsh et ma collègue Selin Murat (Parabola Films), l’année dernière appelé À St-Henri, le 26 août.

Le succès de la version montréalaise a donné l’envie à la réalisatrice, Shannon, de réaliser la même expérience à Johannesburg, où elle a passé beaucoup de temps ces dernières dix ans et où elle habite présentement.

Bref, la même question a été posée dans cette ville en Afrique du Sud.

À Johannesburg, Shannon à rencontrer la cinéaste Arya Lalloo et, ensembles, elles ont planché sur la scénarisation et réalisation.

Elles ont invité huit réalisateurs de documentaires à participer et nous nous sommes embarqués dans la production et le tournage de Jeppe on a Friday, le 9 mars 2012.

Personnellement, j’étais sur place pour aider à la production. Je peux vous dire que ce fut une expérience formidable. J’ai eu l’occasion de travailler avec des talents incroyables et les images tirées du tournage du 9 mars sont très, très fortes.

Quelle est la différence entre Jeppe et vos autres productions ?

Jeppe on a Friday c’est la même formule que À St-Henri, le 26 août, mais en beaucoup plus politique, principalement dû aux statuts sociaux de nos personnages dans le film.

Vusi, un des personnages de Jeppe on a Friday. Courtoisie : Parabola Films

Jeppestown, le quartier que nous avons choisir pour le plateau est le « downtown east side » de Johannesburg.

C’est une place qui jouit d’une grande diversité, beaucoup d’immigrants de partout en Afrique qui, vous vous en douterez, doivent surmonter beaucoup d’obstacles au quotidien. Je dirais que nos caméras ont surtout capté beaucoup de courage, joie de vivre et d’histoire.

Il existe beaucoup des ressemblances entre le quartier de Saint-Henri et le quartier de Jeppestown.

Toutefois, la pauvreté est plus prononcée, la xénophobie plus violente et les projets de gentrification ont plus de ramifications pour le quartier.

Mais, ce qui est très visible, c’est la façon que les gens ont trouvée pour travailler ensemble en communauté. Pour vivre et pour y puiser de l’inspiration et du courage. Ça, c’est ce que partagent les deux films.

Dans tous les quartiers du monde, certaines communautés sont laissées pour compte par leurs gouvernements.

Il y a dans ces projets, l’idée de collaboration. Pensez-vous que comme dans le documentaire, la société actuelle souffre d’un déficit de collaboration/solidarité?

Cette question de collaboration est intéressante. Quand Parabola a fait la tournée des festivals avec notre film sur les sables bitumineux en Alberta, H2Oil, Shannon a beaucoup réfléchi sur la question : que peut-on y faire? Où et comment s’effectuent les changements, les mutations dans nos sociétés ?

Avec son coscénariste, Denis Valiquette, qui est originaire de Saint-Henri, Shannon a décidé de faire un film sur « comment les gens partagent les espaces et qu’est-ce que signifie le mot communauté ».

En ce moment, avec le conflit étudiant, on se retrouve dans une situation où les jeunes tentent de défendre ce principe de communauté au Québec. C’est donc, à mon sens, une question très pertinente aujourd’hui.

Comment se passe justement le travail avec l’équipe de Sud-Africains ?

Nous avons déjà commencé le travail de post production sur le film avec le formidable monteur Sud Africain Vuyani Sondlo. Nous sommes maintenant à mi-chemin dans le montage du film.

Vuyani fait un travail incroyable et vous pouvez voir la bande-annonce du film sur notre site de levée de fonds. Ce film est vraiment un projet d’amour et dédié à raconter ces histoires importantes de gens à qui on ne donne pas nécessairement la parole à Johannesburg.

Nous avons créé une campagne pour trouver les fonds manquants pour payer pour la postproduction du film. Le site est sécuritaire pour faire des dons et pour encourager ce projet. La plupart des gens donnent 50 $ ou 75 $. Certaines personnes ont contribué un peu plus avec des montants 500 $. Ce coup de pouce est accueilli avec beaucoup d’humilité.

Nous espérons terminer le film dans quelques mois et amener le film et l’équipe à Montréal à l’automne 2012 pour faire une présentation du film à notre communauté québécoise.

Pour en savoir plus :

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